jeudi 13 février 2020

Mettre un bulletin dans l'urne, c'est facile !

Oui, facile de mettre un bulletin dans l'urne. Mais un bulletin qui fasse du sens, ce n'est pas si simple. 

On n'a pas le temps, on n'a pas envie. Et puis c'est pénible, ces trucs politiques. On n'a pas confiance... ou on a trop confiance.

Le fait de connaître les candidats, d'avoir eu un contact direct, d'avoir serré une main constitue un avantage majeur - surtout pour les listes sortantes :
"Lui, je le connais, c'est un cousin, c'est un voisin, j'ai confiance, je vais voter pour sa liste".

Ce qui se passe, c'est qu'on vote pour "des gens comme nous". Ils ont les mêmes intérêts. Ils pensent comme nous. Donc ils ne vont rien faire qui sera à notre désavantage.

C'est comme cela qu'on vote la plupart du temps : on veut préserver ses intérêts. Ou ses idées - ce à quoi on "croit". Moi y compris. Normal. Mais croire, c'est TRÈS différent de savoir. Quand on croit, on ne sait pas vraiment - on fait un peu semblant de savoir...

On vote aussi souvent contre : celui-ci, il ne me plait pas. Pourquoi ? Parce qu'il est différent de moi. Trop différent. Parce que je ne le connais pas.

Est-ce que c'est la meilleure manière de voter ? 

Il y en a qui vont me dire : mais moi je lis les prospectus et les programmes, je vais écouter les candidats - tous - et je me fais une opinion.

Ce qui est démontré par les études les plus sérieuses, c'est que ce n'est pas vrai. On ne vote pas pour des raisons logiques. Pas la peine de secouer la tête, de dire que "peut-être les autres, mais moi, je juge sur des arguments concrets". Non, il n'y a pas d'exceptions, c'est cent fois démontré. On est fait comme ça : on passe son temps à chercher des arguments pour justifier ses sentiments, ses impressions, ses marottes.

On peut résister. Un peu. Par exemple en essayant de regarder à travers le regard de quelqu'un d'extérieur.

Il reste un mois avant de voter. Je suis dans une relative incertitude concernant la personne pour qui je voterai. Je vais donc mettre ce mois à profit pour obtenir des informations, puis écrire si possible tous les jours un petit mot sur mes recherches et les partager.

Cinq minutes de lecture par jour pour raconter mes explorations.

Peut-on me faire confiance ? Je suis mal placé pour le dire. Le seul critère que je pourrais avancer, c'est que toute ma vie professionnelle a consisté à vérifier, contrôler, douter, et faire émerger des vérités si possible incontestables. L'art de produire et lire des statistiques et des probabilités, et d'en expliquer les mensonges et les certitudes.

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Qui voudra m'éclairer, corriger, commenter, apporter des chiffres sera bienvenu. Juste une règle : surtout pas d'agressivité, c'est mauvais pour ma santé !